19 juillet 2006

Headbutt: le site


Voulez-vous écrire à Zizou ?
Vous serez, comme moi, publiés dans son livre d'or !
Vengeons-nous, resserrons-nous, parlons avec Zizou, il nous guérira de nos hésitations.
Sachons dire NON.

16 juillet 2006

The Head-Butt


Cela fait exactement une semaine que çà s'est passé. Il a parlé, ils en ont assez parlé, j'ai fait le tour du monde nécessaire, le travail de deuil de Coupe du Monde est largement dépassé. Les bons juges italiens ont sanctionné les truands de maffiosi de clubs pourris berlusconiens. J'ai appelé toutes les rédactions. L'événement de cette finale, ce n'est pas la pseudo-victoire d'une squadra de pirates tatoués, ratés, fumeurs et buveurs, de surcroît acheteurs d'arbitres, l'événement c'est Ciganne et son headbutt !
J'ai dit Ciganne, car c'est Silvia, ma soeur argentine qui l'a appelé ainsi, excédée par le comportement abject et vulgaire de supporters péninsulaires qu'elle a malheureusement croisés en Mer Baltique. Pauvre Silvia ! Elle ne connaît de l'Italie que les immigrés du début du XXème siècle qui sont venus rejoindre leurs frères espagnols sur les bords du Rio de la Plata... Si elle savait ce que sont les italiens devenus, bigots et téléphages de ce début du XXIème siècle, adieu Fellini, de Sica, Visconti, Pasolini, Calvino, Taviani, Benigni, Mastroianni, Tognazzi, Dante Alighieri, Michelangelo, Piero della Francesca, Giotto, Savonarole, tous oubliés, vendus, échangés contre des quatrièmes arbitres argentins téléphages qui confondent l'esprit et la lettre... Triste palinodie, symptomatique d'une Europe du Sud qui glisse puis se vautre dans le cloaque méditerranéen.
Ciganne, je te baise les pieds en signe d'allégeance ! Tu es un fabuleux dramaturge, un librettiste d'opéra, un modèle pour les quinquagénaires, un espoir pour le monde coincé et pollué dans lequel nous suffocons.
Vive le coup d'boule, le headbutt, le colpo di testa !!!
Quelle sortie aurait pu être plus grande que de dire non à tous les petits coups bas quotidiens, les permanentes insultes entredeux au ras du sol, les regards en coin, les savonnades par derrière, les croche-pieds les bras en l'air et le sourire devant l'arbitre, les bruits de couloir, les résultats truqués, les voyous cas sociaux, mais non, il faut rectifier la position, paraître intouchable, au-dessus de la mêlée, c'est la vertu qui l'emportera... En un mot, il faut être politiquement correct, ne pas s'affliger, ne pas dénoncer, ne pas s'emporter, ce ne serait pas télévisuel ! Vous ne passez pas, mon vieux !
Et merde, il a eu entièrement raison, c'est la plus belle sortie et surtout la plus belle leçon que l'on puisse retenir, la plus forte que l'on ait pu imaginer. Il a réagi, lui, il ne s'est pas laissé enfermer dans nos conventions globalisantes, issues tout droit des manières des WASP de la Nouvelle-Angleterre. C'est pour cela que çà fait du bruit. On sent confusément qu'il a eu raison, mais pourquoi ?
Parce que Zizou, même (surtout) sur un terrain de foot, il ne supporte que l'on insulte les siens. C'est bizarre, non ?






Merci, Zizou !

29 juin 2006

Panne de Blog

Il va bien falloir s'y remettre.
Je ne parlerai pas de la Coupe du Monde, à moins que...
Est-ce que j'intéresse quelqu'un à part moi ?
Se parler à soi-même représente 99% de la communication, ce qui pose la question de soi, même.
Cela me replonge dans l'enfer d'une réunion à organiser sur la neurophysiologie de moi et de l'autre. cela paraît snob, en fait c'est essentiel quand les questions sont bien posées.
Est-on capable de faire plus que de poser de bonnes questions ?

07 mai 2006

Déjà vendu

Je me sens un peu vide.

Rien depuis le 18 Mars. Et pourtant beaucoup trop. Mais j'ai de la difficulté à l'écrire. Il y a des moments pour vivre et d'autres pour écrire. Est-ce vrai ? Il faudra que j'interroge Echenoz.
Lisez Echenoz.
Oh, j'ai fait des topos, écrit deux papiers, agrandi mon Service, choisi une MEG, fait passer une thèse, nommer une Maître de Conf', terminé mon enseignement annuel (deux cours !!), j'ai passé quelques jours pluvieux à Porto et à Saint-Malo, équipé Catherine d'un GPS, mais je me sens entre deux..., plus ici pas encore là-bas, plus hier pas encore demain.
Toujours cet écueil, du mal à bazarder le passé. J'y réfléchis, croyez-le bien, mais quand le passé devient plus grand que l'avenir, il faut bien que votre tête se mette quelque part. Se dire que vous n'avez plus d'avenir.
Camus revient à la mode, vous avez vu ? Il a suffi que j'en parle, même à Alger on se le réapproprie.
La querelle des Anciens et des Modernes, puis le siècle des Lumières, et des anti-Lumières.. je viens de l'apprendre ils ont coexisté. Je suis en train de lire un livre déterminant sur les anti-Lumières, j'essaierai de vous en dire un mot quand je serai plus frais. Y a-t-il universalité de l'homme ? Vous voyez, je ne suis pas en état..

Hier, j'ai donné à un gentil monsieur les clés de Nominoë, mon bateau, il me reste la place, sans lui elle fait plus grande, peut-être on pourrait en mettre deux petits, non ?

Non ! Inutile d'insister. On n'y reviendra plus. On va de l'avant. Allez, on se remet au golf ! Il est vrai que je suis un "scholar" exemplaire au golf, j'ai appris trois fois trois années de rang, avec trois professeurs particulièrement enthousiasmants, j'ai lu de nombreux ouvrages de fond, j'ai lu les règles de Saint-Andrews en anglais et je peux même participer aux débats éthiques, mais je n'ai jamais eu l'outrecuidance de m'exhiber en dehors d'un practice. Ah, non, je ne suis pas comme tous ces parvenus, retraités, déguisés, électrifiés jusqu'à leur caddie, qui font tache sur le vert serein et altier de parcours superbes que j'admire. J'ai décidé d'en visiter plusieurs. M'émerveiller encore du calme qu'ils inspirent. Au demeurant, ça coûte moins cher.

A propos, je ne vois que des notaires en ce moment. Ils sont aussi captivants que les professeurs de golf. Je me pénètre de leur notion du temps. Le dernier, qui se nomme Amadeus, m'a conseillé de mettre mon pointu au Cap Corse, c'est tranquille. Bonne idée, mais il faudra une maison. Non, je ne veux plus recommencer avec les maisons, surtout en Corse, elle serait capable de la faire sauter, juste par esprit d'anticipation...

Les agents immobiliers appellent moins. Les banquiers plus.

Catherine ! Non, tu n'as pas fait çà ?!

18 mars 2006

Marseille avec vue

Elle a TOUT vendu !
Il ne me reste plus que quelques cailloux et la mer.
Pourvu qu'elle ne la démonte pas...

Elle va vendre ma grosse voiture, celle qui fait de moi un notable. Elle dit qu'elle va m'en acheter une toute petite pour monter au Grand Balcon, c'est au fond à gauche dans cette ruelle qu'elle va me mettre. Je serai bien là, c'est tranquille, et c'est abrité du mistral. C'est en hauteur aussi, je survivrai au tsunami, elle a pensé à tout.

Si elle me prend ma petite voiture, il me reste un moteur hors-bord, 3 chevaux Yamaha, mais je n'ai plus de bateau.
Alors, je vais marcher, c'est bon pour moi, et Marseille est si belle, vous ne trouvez pas ? Cliquez là-haut, sur le titre...

Il paraît qu'on peut louer des pointus, elle m'a dit. J'espère qu'elle voudra bien embarquer avec moi.
Se contenter de peu.

11 mars 2006

Malmousque


Qui mon père a-t-il jamais voulu être ? Teilhard de Chardin ou Jules Marie ?
De fait, il s'est avéré être un très grand Doyen, et un pêcheur en progression constante... J'ai bien mis un accent circonflexe sur le e.
Ma mère ne l'aimait ni en jésuite ni en capitaine de doris. De toutes manières, elle préférait Fred Astaire, et comme mon père "ne dansait bien qu'avec les autres", c'était irrattrapable...
Trop snob, je n'ai été pêcheur que par la volonté paternelle, et ceux qui l'ont connu dans les années soixante (je précise: avant 68) savent que mon engouement pour la marine à voile ne pouvait s'avouer que dans la clandestinité.
Autant s'en débarrasser tout de suite, je n'ai jamais été sensible à la rustique beauté du doris, et j'ai toujours douté de ses qualités marines (qu'est-ce que je dis là ?). Le fond est trop étroit, les bords trop ouverts, gare à ne jamais se mettre en travers de la vague, il ne chavire pas mais il vous largue ! Le nombre de pauvres marins bretons qui ont péri au large de Terre-Neuve, souvenez-vous...
A Marseille, vous vous sentez bien là où sont les pêcheurs. Sormiou, les Goudes, le vallon des Auffes, Malmousque et l'Estaque. Les calanques sont devenus des ports, sur les cailloux se sont accrochés les cabanons. Et dans les ports il y a des pointus. Toujours snob, je suis tombé sous le charme des pointus. Un pointu, çà inspire confiance. C'est rondouillard, et cintré en même temps, la proue est élégante, et il y a un nez pour se tenir quand le pastis a trop adonné. C'est un bateau pour se mettre à table, la trinquette se déploie idéalement pour vous garder du soleil, une belle nappe jetée sur la capot du moteur, on peut s'asseoir à quatre tout autour. Le moteur, il n'a pas le temps de chauffer, juste pour se déhaler de l'anse de Malmousque et mouiller sous la digue des Catalans. Quand vous y êtes, vous comprenez que la Méditerranée est vraiment une mère, Mare Nostrum, que rien n'oserait mettre un terme à la plénitude exquise du moment où le fumet du petit rouget grillé se mêle au Pibarnon blanc, rien, pas même la marée, juste la sieste.
Voilà pourquoi je reviens vers cette idée du bonheur, que décrit naïvement ce petit guide webbique: "A quelques pas du Marégraphe et de l'anse de la Fausse Monnaie, Malmousque est un petit village de pêcheurs dont les criques sont très appréciées des baigneurs".
Allez donc consulter ce guide, il vous offre une visite "virtuelle" d'un paradis bien réel:http://www.marseillenet.com/marseille-malmousque-1-1.html
Jules Marie, si tu avais vécu ici, tu aurais été un peu plus bavard, tu n'aurais pas emporté avec toi le secret de la pêche au bar à l'arrêt, sans bouger. j'en aurais bien besoin aujourd'hui pour le loup son cousin. Mon père, je vais de ce pas acheter mes lignes, et un petit tremail. Au moins je serai équipé, c'est important. Ne dis surtout pas à maman que je quitte Pierre Puget, ma rue de Montfort marseillaise, elle le prendrait mal... Comment dit-on ? Bo-Bo ? Quelque chose comme çà...

PS: pour ceux qui ne savent pas, cliquez bien aussi sur le titre, c'est magique !

21 février 2006

La droite et le pouvoir à Aix-en-Provence

Alors qu’elle aborde le dernier tiers de son mandat à la mairie d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains-Masini peut déjà être certaine que la conquête d’un second mandat en 2008 lui vaudra une rude bataille. Son bilan à la tête de la municipalité est critiqué, à gauche comme à droite, et l’espoir d’une nouvelle unité de la droite pour les prochaines élections s’annonce compromise.

La désunion de la droite à Aix-en-Provence n’est pas un phénomène nouveau. Dans les années 1970, la droite, bien ancrée à la Mairie, avait perdu le bénéfice de sa victoire aux élections municipales pour cause de fraude électorale ; puis dans les années 1980, alors qu’elle avait reconquis le pouvoir, une déchirure interne sur fond de décision de justice (condamnation pour abus de biens sociaux de Alain Joissains, alors maire, en 1983) l’a encore fait perdre aux élections municipales de 1989. Dès lors, malgré une ville marquée politiquement, la droite est irrémédiablement touchée par des conflits d’intérêt nuisant à son image au profit d’une gauche opportuniste qui s’est toujours jouée de cette situation. Selon Jean-François Picheral (PS), dernier maire d’Aix-en-Provence, la gauche s’est constamment imposée grâce à la « médiocrité » de ses adversaires divisés.

Lors des dernières élections municipales de 2001, une union s’était dessinée à droite pour déjouer les ambitions du maire sortant, pourtant favorisé par un bilan satisfaisant. Malgré des sondages favorables (62% des Aixois estimaient que la municipalité socialiste avait effectué un bon travail lors du mandat de Jean-François Picheral), celui-ci a été rattrapé par les thèmes fédérateurs chers à la droite (insécurité, proximité, conservatisme) face à son désir d’exploiter tout le potentiel aixois, riche et moderne. Selon Jean Viard, sociologue aixois interrogé par Libération à cette occasion, la victoire de la droite était due à un discours proche de celui de l’extrême droite, basé sur « la proximité idéologique d’une droite de terrain » plutôt que sur des projets viables et crédibles. Les échéances électorales de ces dernières années ont légitimé le vote Front National dans la région et ont poussé la droite traditionnelle à se positionner sur un programme plus identitaire et proche des préoccupations sécuritaires de la population. Ce fut le cas à Aix-en-Provence, où les électeurs se sont finalement rassemblés autour de Maryse Joissains-Masini, qui a remporté le scrutin à une courte majorité. Cette thèse est confirmée par le représentant local du Front National, Gérard Beyer, qui insinue que l’actuelle maire l’a emporté uniquement grâce aux voix de ses sympathisants. Selon lui, « la ‘lepénisation’ des esprits se fait toute seule » et Aix-en-Provence n’y échappe pas.

Quelques mois auront suffit pour briser l’élan de la droite unifiée de mars 2001. François-Xavier de Peretti, pourtant 3ème adjoint à la mairie, s’est progressivement retrouvé dans l’opposition. Il affirme que l’incapacité sans laquelle il était d’imposer ses projets a provoqué son « divorce politique » d’avec l’UMP, à qui il reproche l’absence de vision pour la ville. Ses griefs sont nombreux. Il se plaint notamment des pratiques du premier magistrat de la ville visant à faire taire par tous les moyens possibles les voix qui s’élèvent contre elle. L’élu UDF rajoute qu’il faut « réinventer un projet de vie pour répondre aux problèmes de la ville » et met en avant les atouts d’Aix-en-Provence qui ne sont pas, selon lui, exploités à leur juste valeur. C’est ainsi que M. de Peretti a créé le mouvement « Union pour Aix » dans « une logique d’ouverture et d’élargissement ». Il veut rassembler tous les déçus de l’administration de la ville par Maryse Joissains-Masini, lui permettant de « ratisser le plus largement possible » autour d’un véritable projet de développement local dynamique. Les opposants à la municipalité décrient une absence d’engagement, de projets nouveaux en raison d’une situation financière délicate et un populisme exacerbé. La fracture idéologique à droite est donc toujours bien présente et la gauche pourrait bien réapparaître à nouveau au tournant pour récolter les fruits de ces divergences.

Selon Michel Pezet, candidat pour représenter le PS lors des prochaines élections municipales et soutenu par Jean-François Picheral, « la droite est divisée et le restera ». Il estime que « le bateau est secoué de toute part » et que la situation est irrattrapable. L’élu marseillais constate un « dégrisement » de la plupart des électeurs de l’actuelle maire et croit en les chances de l’opposition pour 2008. Les divergences de la gauche au niveau local ne sont pourtant pas absentes depuis les débats sur le référendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne. Selon Laurent Perallat, trésorier des Verts à Aix-en-Provence, il y a également une division au sein de la gauche locale qui est « le reflet de la division nationale ». Ces oppositions internes troubleront-elles une gauche qui a toujours su s’unir auparavant lors des prochaines élections municipales ? Il semble que non. Tous les représentants de la gauche aixoise s’accordent pour dire que les échéances nationales de 2007 (élections présidentielles et législatives) permettront déjà d’y voir plus clair dans la ligne de conduite de leur parti respectif. Certains comme Michel Pezet sont plus confiants et déterminés que d’autres et pensent que les socialistes n’auront aucun intérêt à se diviser alors que la droite abordera probablement les élections toujours plus divisée.

Enfin, Jean-François Picheral, qui a beaucoup de respect pour François-Xavier de Peretti, verrait bien l’élu UDF se rallier finalement à l’union de la gauche en cas de second tour l’opposant à Maryse Joissains-Masini. Cette alliance inédite démontrerait une fois de plus le tourment dans lequel Aix-en-Provence, ville pourtant offerte à la droite depuis des décennies, risque de tomber dès les prochaines élections municipales. La droite a donc toujours beaucoup de travail devant elle avant d’obtenir une véritable union stable et efficace et pouvoir conserver une mairie très convoitée.

Corentin Chauvel & Alexander Paull, 14 décembre 2005

03 février 2006

Corentin journaliste

Le gaz est-il le dernier moyen restant à la Russie pour maîtriser ses anciens satellites ?

Il peut être dangereux de contester l’autorité russe, surtout au milieu d’un hiver plus rigoureux que d’habitude à l’Est de l’Europe. Les trois explosions qui ont touché, le week-end dernier, le gazoduc et une ligne électrique reliant la Russie à la Géorgie ont provoqué une nouvelle crise entre les deux pays. L’ancien satellite russe a été privé provisoirement de gaz et d’une partie de son électricité.
Il semblerait que cela soit un nouveau rebondissement dans la « guerre » du gaz qui a débuté le mois dernier entre la Russie et l’Ukraine. Ces troubles apparaissent comme bien plus sérieux qu’un conflit sur l’augmentation des prix. Les enjeux liés aux matières premières comme le pétrole ou le gaz dépassent aujourd’hui le simple cadre économique. Les pays qui ont les plus grandes réserves dans leur sol placent ainsi les autres, riches ou pauvres, dans une position de dépendance forcée et tirent les ficelles d’un jeu diplomatique très serré. Ces ressources énergétiques vitales, que l’on ne surnomme pas « or » (noir, bleu) sans raison, sont pour les Etats qui en sont abondamment pourvus une considérable source d’influence.
Le récent conflit russo-ukrainien a été l’élément déclencheur de cette guerre du gaz. Sous prétexte de vouloir augmenter les prix du gaz pour rattraper les valeurs internationales, la compagnie publique russe Gazprom a fermé les vannes d’exportation de gaz transitant par son pays voisin. Mais surtout, l’Ukraine exigeait de pouvoir continuer à se servir dans les ressources à destination de l’Europe de l’Ouest, ce que refusa catégoriquement la Russie. Moscou revint ainsi sur une habitude qu’avaient pris les Ukrainiens jusqu’alors, quand leur régime politique était encore similaire. Les nouveaux incidents, qui impliquent cette fois la Géorgie, sont semblables à la situation ukrainienne.
Gazprom avait indiqué que ses tarifs allaient croître très fortement le 1er janvier 2006, pour se placer au niveau du marché international, et avait précisé l’abandon des offres préférentielles envers toutes les ex-républiques Soviétiques. Les conséquences devaient donc être les mêmes pour tous, alliés de la Fédération russe ou non. Cette décision ne touche cependant pas tous les pays concernés de la même façon. Quand l’Arménie se voit adjuger un délai de mise en vigueur de cette hausse des prix, la Géorgie, principale victime des explosions de dimanche, voit Gazprom lui proposer des solutions désavantageuses, sous forme de « crédits pour le paiement du gaz en échange du rachat de leurs réseaux de gazoducs ou d'installations électriques », tout cela sans délai. Erevan, touchée de la même manière par la coupure qu’a subi son voisin géorgien, est également soumise à ces contraintes, mais sa docilité face au Kremlin devrait lui permettre d’être moins pénalisée. Néanmoins, ce n’est pas tant l’augmentation de la facture du gaz qui a irrité Tbilissi, que la soumission de Moscou aux pays d’Europe occidentale. En effet, la Russie fournit de manière continue ses clients importants, et ce malgré la pénurie en ressources énergétiques qu’elle connaît à l’heure actuelle. Le président géorgien M. Saakachvili s’est insurgé contre ce mépris, accusant son voisin d’avoir perpétré ces « sabotages » en vue d’affaiblir la Géorgie dans un moment critique.
Les analyses considérant que le Kremlin a voulu, par l’intermédiaire de ces derniers évènements, punir ces anciens pays sous tutelle russe pour leurs révolutions démocratiques et leurs destinées désormais pro-occidentales, foisonnent. On pense déjà au retour d’un certain impérialisme de l’ancien bloc soviétique. Tous les anciens satellites russes passés dans le camp démocratique s’apprêtent à subir les nouvelles tarifications du gaz et ainsi payer les conséquences de leur revirement politique. En plus de l’Ukraine et de la Géorgie, les Etats Baltes, la Moldavie ou le Turkménistan dépendent toujours fortement de leur voisin russe et le soutien des Occidentaux n’y peut rien.
Depuis que Vladimir Poutine a repris les rênes des grandes entreprises russes en renvoyant les oligarques, la Russie voudrait se réaffirmer sur l’échiquier mondial en imposant des contraintes à sa sphère d’influence et jusque dans l’inquiète Union Européenne. C’est dans cette stratégie à long terme qu’elle utiliserait désormais la menace que sont devenues les matières premières, comme le font la plupart des pays arabes avec le pétrole. L’enjeu pour les Occidentaux réside désormais dans la manière dont ils se sortiront de cette dépendance énergétique qui est d’ores et déjà le mal de ce nouveau siècle. Après les différentes crises de l’or noir, c’est l’or bleu qui pourrait faire trembler les puissants, avertis par ces événements qui ne sont que les premiers signaux d’un conflit de plus grande envergure.
Corentin Chauvel 27 janvier 2006

11 janvier 2006

Le Rustique

Le petit dernier a été le premier à comprendre dans quelle famille il était tombé.

Un mot d'ordre: résister.
Mais d'abord subsister.
Pragmatique, il n'a jamais fait de différence entre le sucré et le salé. Ce qui lui a permis dès l'école primaire de se nourrir goulûment du panier des autres, engouffrant le sandwich au jambon de Foué et la tarte aux fraises de Julie d'une même bouchée: il fallait faire vite avant que les mères ne rappliquent... Je le revois assis à la porte de Jean Zay empilant sous un coude les restes épars des goûters de ses petits camarades bourgeois donc rassasiés, et maintenant sous l'autre son cartable bien droit, ce qui avait l'avantage de l'affecter d'une contenance sérieuse et de masquer habilement le butin. Rapide et organisé.
Un peu plus tard au pays des Chouans, la patronne de l'Escargot Vendéen apprit à ses dépens ce que "buffet de hors d'oeuvre à volonté" veut dire quand il est pris au mot. Dans les Deux-Sèvres désormais, c'est une entrée ou un plat et un dessert, pas les trois. Il n'y a plus guère dans cette contrée de "chariot des pâtisseries" depuis notre passage mémorable vers la fin du XXème siècle.
Vingt ans de résistance.
Bon anniversaire Titi, je t'en souhaite encore au moins cent à dévorer à pleines dents !

08 janvier 2006

Tu déblogues ou quoi ?


Clément :

"Stop à la culture fast-food !
Arrêtez d'encourager Papa à poursuivre la rédaction de son blog sinon je donne pas quinze jours pour qu'il se mette à jouer à la console avec un T-shirt "Brice de Nice"... Et une fois qu'il en sera là, il finira un jour ou l'autre par aller brûler des voitures dans le 93 et aucun d'entre vous ne pourra dire qu'il ne savait pas...
Moi, je vous aurai prévenu. Aussi proposerais-je la création d'un vaste mouvement "Ras l'blog !".

Qui me rejoint ?"

Corentin :
"Clément, petit aigri que tu es !!!
Tout çà parce que tu n'as pas été le premier à créer ton blog !!! Ah çà, les jeux puérils sur internet, les concours de pingouins ou de géographie, Google Earth, les films français pseudo-intellectuels et j'en passe, tu en es bien fier mais qu'en est-il de la prose ? Oui les mots tu sais, ceux qu'il faut qu'on continue d'écrire et bien, afin de sauvegarder notre patrimoine langagier avant d'être avalé par cette chimère qu'est le langage SMS...
Bon, il est vrai que la publicité de papa pour son blog est désormais proche de la propagande soviétique qui sévissait il y a encore 20 ans dans les pays de l'est, style : "Lisez-le et vous trouverez la voie, la sagesse et l'esprit", mais bon, on va pas se mettre à fonder un Solidarnosc juste pour lui quand même ? Bref, cher anarchiste que tu es, j'attends de voir si tes prédictions se révèlent vraies et après j'aviserai de te rejoindre ou non sachant que ça me ferait quand même bien rire de voir papa se teindre les cheveux en blonds avec pose d'une énorme mèche sur le frontal et crier "J't'ai casssssssssssssssssééééééééééééé" en jouant à la Playstation...
Puis, le jour où il brûlera sa propre Saab... hi hi hi Bon, assez rigolé, rentre dans le rang sinon tu cours de graves dangers...
C'est pour ton bien, et n'hésites pas à citer du "Papa" dans ta thèse, peut-être est-ce cela qu'il manque pour en faire l'écrit parfait...
Bises, Corentin."
Note de l'éditeur: dialogue haut en couleurs reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs.

7 Janvier 1977


Il ne faut jamais désespérer de rien...
Les voilà élevées, sinon éduquées !
La prescription historique permet de révéler aujourd'hui qu'au XXème siècle, par un beau soir d'été, au soleil rougeoyant du Périgord, le Fontpudière coulant à flots, les us et coutumes de l'époque l'autorisant, et leurs faux frères les y incitant, elles ont échappé de peu au premier méchoui de jumelles de l'histoire de cette contrée que Charles Martel lui-même avait libérée de pareilles atrocités quelques années auparavant.
Bon anniversaire, Delphine et Charlotte !
...et comme disait Briac:

"Vivez si m'en croyez,
N'attendez à demain
Cueillez dès aujourd'hui
Les roses de la vie."

07 janvier 2006

Reconnaissance Focale

Mon cher Clément mon cher Corentin, à ça marche pas celle en six à marche,
Comme vous le voyez, je teste mon logiciel de reconnaissance vocale qui fait quelques fautes en corps, car il ne reconnaît pas m'appelle et occulte voire là, si bien placé y est, pas trop nazie garde aujourd'hui et, bien que je commence à avoir un rhume que j'ai contracté à Paris il y a air.Ce petit mot est en fait de couronnes de vous demander l'autorisation de publier et sur mon local le fameux lien qui ne le cas, votre un payable échange de deux bons propos à propos justement de les contenus et de se fameux bloc.
Je mets en difficulté de mon logiciel de reconnaissance vocale, car le se mater Rolls pour pour savoir s'il reconnaît le mot bloque.Comme vous pouvez le constater par vous-même, de ce logiciel a du mal à s'acclimater en appel et Auguste voit, je répète que je suis en train de parler de ma belle et Auguste voie. C'est un peu mieux comme cela, mais Auguste ne prend pas de majuscules. Auguste qualifie le caractère altier de ma foi. Pas de ma foi, de ma foi, ne se répète qu'il s'agit de ma foi voix. Ça y est, il a reconnu ma voix.
J'espère qu'il est à présent assez entraîné pour que les jeux vous fassent solennellement ma demande. Ma demande est la suivante : m'autoriser-vous à publier dans mon journal votre vol échange de bonbons qui a enthousiasmé les foules, d'après ce que l'on m'a rapporté. Mais non ! Il ne s'agit pas de bonbons, mais veulent bon mot, je répète que le bon mot comme l'est et mot de Jean-Paul Sartre. Il n'y a rien à faire, il connaît Jean-Paul Sartre mais il ne connaît pas les mots. Si, il fit un de les reconnaître à travers une feinte qu'elle je lui ai faite en douce.
Je vous prie de m'excuser et, mon logiciel de reconnaissance vocale est encore en pleine apprentissage. Moi-même les suivis en apprentissage et est si vous me voyez étiqueter est, on dirait un robot.
Je viens dans le timidement à vous demander si vous me donnez l'autorisation ont de public et dans mon journal votre excellent échange de cette semaine et sur la philosophie du bloc. Il ne connaît pas le blog-le à part en il faudra que celui mette cela dans son dictionnaire car c'est absolument indispensable, vous en conviendrez.
Cette fois c'est la dernière, le jeune recommença pas à

À hélas qu'il a compris paragraphe qu'il a compris cela comme une commande.Je dirai plus le mot paragraphe.Je voue le dit en un mot commence. Comme en 100. Je souhaite et, si il faut mieux autoriser les, publié votre seul échange les deux hommes ont dans mon journal. La, de 1000 à complètement perdu la tête, et je ne sais plus que ce qu'il me raconte. Non, je n'ai pas dit non j'ai dit pondre. Et je n'ai pas dit pondre et j'ai dit pondre. Pour lui quand je dis pondre ils pourront. Rien à faire et, je crois que je vais vous téléphoner.
Grosse bise,
Papa

03 janvier 2006

Le Blog de Cabri

Bonjour à tous !

D'abord je vous voeuvoeute tous sobrement parce que l'année dernière c'était pas mal quand même. Cueillez chaque jour les roses de la vie comme il disait l'autre qui a été pompé récemment par un chanteur à la mode qui a juste rajouté qu' en fait, la rose, il faut bien que tu te dises en la cueillant qu'il faut vivre chaque jour comme le dernier et juste il rajoutait aussi palapapa pour frimer. Genre il parle en latin-grec le mec. Sauf que je l'ai grillé parce qu'en fait le vrai refrain c'est carpe diem.
Carpe diem, c'est pas une marque de poisson, c'est une espèce de proverbe plus que préhistorique, antique, tu vois, et c'est là que tu te rends compte que ouais c'est vrai Corneille (t'as vu comment il frime?) il a pompé Ronsard mais Ronsard déjà il avait lui même pompé Epicure. Quant à savoir qui il avait pompé Epicure, çà j'avoue je sais pas encore mais je me demande si c'est pas Néanderthal.
Alors du coup, puisque personne ne se gène, moi aussi, je pompe un peu pour les voeux et je vous dis, bah ouais, cueille la rose chaque jour comme si c'était la dernière mais bon, quand même j'ajoute un truc aussi, ok, cueille chaque jour la rose comme si c'était la dernière, t'façon tout le monde le dit, mais cueille pas tout non plus sinon après t'en laisses pas pour les autres. Maintenant, te laisse pas obséder sur le fait que peut être c'est la dernière rose parce qu'après si t'es un peu sensible, tu déprimes et c'était pas le but au départ.
çà y est, j'ai réglé la carte de voeux. C'est vrai comme vous avez tous raison, c'est vachement plus pratique en e-mail parce que moi avec mes conneries je rentre jamais dans les cases. Bon, alors c'est vrai palapapa que Yacking Brain çà m'a donné envie moi aussi de créer un blog.
Moi tu vois, Corentin, jamais à ton âge je ne me serais permis de créer un blog avant mon père et encore moins de le claironner comme çà devant toute la famille, mais il est vrai que je parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Alors bon, comme moi je fais les choses dans le respect des traditions les plus élémentaires, j'ai tenté d'en créer un, mais
après mon père, c'est plus respectueux. J'avoue, je pensais quand même en faire un beaucoup mieux rédigé, infiniment plus drôle, avec des tournures de phrase maintes fois plus complexes comme déjà vous avez dû le constater, fidèles lecteurs, mais rester dans l'anonymat tout le long de mon court vivant, humble que je suis, comme tous les grands auteurs, et puis pour pas vexer papa. Alors j'avais trouvé le titre : "Le radical mou" et même, bing, dans la lancée je rédige un éditorial musclé que même Jamel Debbouze et Gad Elmaleh réunis ils peuvent pas faire aussi drôle que çà.
C'était l'histoire d'un mec qui fait fortune, mais du genre multibillionnaire, en créant un blog plus trotskiste que Che Guevarra. Tellement que c'était drôle (en plus notez que je dis çà en toute modestie), bah même en l'écrivant je ricanais et je me disais amoureusement que j'étais déjà mon plus fidèle lecteur. Maintenant je suis tellement bille en terre en informatique et mon ordinateur est encore pire que moi... Lui ou moi (je pense sincèrement que c'est lui) a merdé pendant la sauvegarde, l'enregistrement ou je ne sais quoi et au moment où je caressais mon point final je sais pas ce qu'il s'est passé, j'ai vu apparaître une sinistre feuille blanche et quand j'ai cherché partout partout une version sauvegardée, du disque dur au gestionnaire de blog (quel incapable, celui-là !) de Jacques Pradel à google earth, et que plus rien, que dalle, walou, bah là , j'ai arrêté de ricaner. C'est pas que c'était important, c'était que des conneries, mais j'y avais quand même passé deux heures.
Faut que j'arrête de travailler avec une version piratée de lotuswordpro92, me suis-je dis.
Comme quoi, tu vois, chaque échec il est bon pour ton expérience. Et là je me suis dit, c'est vraiment pas grave tu vois, parce que si ce jour c'est le dernier, bah au moins t'auras bien rigolé sur ton ordi préhistorique. Demain, si Dieu veut, j'achète un nouvel ordinateur et après inch'allah, je vous fais un blog de compétition. Je vais changer de titre parce qu'apparemment l'oxymore çà porte malheur.

Bisouilles

Briac
Note de l'éditeur : il est vrai que j'ai passé du temps à remanier ce texte fondateur, mais je crois très sincèrement qu'il valait la peine d'être publié à ce niveau. Par contre, j'espère qu'il recevra un prix qui lui permettra de changer de bécane, car le nombre et la vulgarité des faux caractères qu'engendre ce qu'il appelle un ordinateur est une insulte à Gutemberg et à Bill Gates réunis...

02 janvier 2006

Une année sans élections



Ah, j'oubliais, une très bonne année 2006 !
...et profitez bien de la seconde supplémentaire qui vient de vous être accordée... Ne la gaspillez pas, le temps c'est de l'argent.
La Terre allait moins vite que le Temps, cela vous étonne ?

Traversée

Le départ des grandes courses suscite chez moi un sentiment d'admiration envers ceux qui ne se contentent pas de dire que l'on est toujours mieux ailleurs: ils y vont !
Prendre la décision de "traverser" est l'acte de courage par excellence. Je me prépare mentalement chaque jour à ma future Transat, celle des alizés, avec Jean-Paul, Bruno, Jean-Luc, et tout récemment Marcel m'a fait part du même désir. Quel équipage !
J'avais pensé m'entrainer sur Sydney-Hobart. C'est beau et court. Cette année, Wild Oats l'a emporté en un jour et dix-huit heures... Mais il ne porte pas ce nom par hasard, et il fait 30 mètres, on n'y arrivera pas. J'ai renoncé (mentalement) à cette course depuis qu'elle a fait quelques victimes... C'est fou, c'est l'été là-bas, mais il doit y avoir de sacrés courants (comme disait mon père devant Bénétin) quand on passe le cap Sud de New South Wales, et s'il y a du vent pas mal de houle car on borde la faille continentale de l'Australie, regardez la Tasmanie, on dirait qu'elle vient de se détacher pour laisser vivre Melbourne et se creuser une baie que je ne sais qui (Flinders ?) a baptisée Waterloo. N'y pensons plus, allons reconnaître les lieux, et nous déciderons plus tard, en fonction de la météo... Il y a de bons vins en attendant que çà se dégage... Remarquez que cette année, c'était du billard, pas de tempête, vent portant tout le long, même les Bénéteau qui se sont risqués n'ont pas trop enfourné !
Le départ de Sydney, du Cruising Yacht Club of Australia, c'est toujours le Boxing Day (26 Décembre), la ligne de départ est entre Shark Point et Taylors Bay, je l'ai franchie il y a deux ans en vedette, avec Catherine, Corentin et Marine, tranquillement mais fièrement, avec un vent d'Est bien établi. Dire que nous l'avions manqué ce fameux départ ! Ce Boxing Day 2003 restera dans nos mémoires. Nous avions tenu à faire halte à Armidale en descendant vers Sydney... Tout était atrocement désert et fermé, surtout les restaurants: ils m'ont fait dîner, moi, dans une boutique de sandwichs, Subway la bien-nommée. L'ascèse avant la course...
Cette année, c'est décidé, mon équipage et moi, on va pousser l'entrainement (le chauffage fonctionne à nouveau, à bord le moral est au beau fixe). Il y a de la place à virer, ils ont dégagé le Clémenceau qui gênait un peu. Quand nous aurons battu notre record sur Pin-Rolland-Porquerolles, nous nous attaquerons à Port-Cros, nous éviterons le Levant c'est mal fréquenté. Et après ? La Corse ? C'est le moment, ils ont aussi déménagé les ferries !

25 décembre 2005

Après...


Il est né le divin enfant, jouez hautbois, résonnez musettes !
Cette fois encore, il n'a pas fait faux bond.
Chantons tous son avènement. J'aurais dû aller à la messe de Minuit, mais avec ces manières païennes de se mettre à table à vingt heures, on ne sait plus ce qu'est un réveillon. Banalisé, sécularisé, Noël. Franchement, une douzaines d'huîtres avec un Muscadet bien frais vers deux heures du matin, c'était autre chose...
Bon, allez en paix, et que le Sauveur vous sauve, si c'est encore possible !

24 décembre 2005

Avent



Celui qui doit venir n'est pas né. Sa petite couche immaculée est toute vide. Le Père Joseph, qui n'y est pour rien, se prend pour un Autre. La Vierge Marie est en plein travail. Et nous, les bergers, les porteurs d'eau, les ravis, les pêcheurs, les chercheurs, les saltimbanques, les sorciers et les rebouteux, une étoile nous a dit, et nous nous sommes mis en marche.
Y a-t-il encore une étoile à suivre en ce monde globalisé ?
Chaque naissance est un espoir...
JOYEUX NOËL !!!

19 décembre 2005

Alger la Blanche



Vingt ans déjà depuis ces quelques jours passés à Annaba chez Tahar et Najibah, en l’honneur d’un magnifique Nicolet Pathfinder flambant neuf, qui trônait sous un linceul blanc au centre d’une vaste pièce fraîche badigeonnée à la chaux, un peu à l’écart des salles communes où des dizaines de malades gisaient, esseulés, tant les infirmières, calmes, et les médecins, rares, semblaient confrontés à une tâche démesurée. Un hôtel pour étrangers, isolé lui aussi, avec un restaurant sévère au dernier étage, réchauffé au soleil couchant par le rosé de Tlemcen ou le rouge de Mascara, en provenance directe de la coopérative « Algérie » en lettres rouges. Mais un accueil chaleureux dans la famille Mosbah, avec une fatma ravie de garder le petit Corentin, cela lui rappelait le temps où elle travaillait pour les français… Pas de marques, mais une seule par article dans un magasin très socialiste, façon Europe de l’Est (cette comparaison, je l’ai faite un peu plus tard), cela facilitait le choix et ne travestissait pas le goût derrière d’inutiles parures aguicheuses ou bariolées. Ce beau pays semblait un peu triste, c’était du temps du Président Chadli, pâle successeur du grand Houari Boumedienne, qui drapé de noir était un ascète. En revanche, quel luxe pour la jeune mère française de promener son bambin joufflu et parisien le long d’une belle corniche plantée de jeunes palmiers au bord d’une Méditerranée vierge, pure et sans aucun reflet bétonné. Déserte la corniche, mais la jeune mère s’inquiétait d’attirer le regard de quelques passants nonchalants, qui contemplaient la mer. Méditerranéenne, elle n’était pas encore. Admirée, en saisissait-elle le prix ? Un voyage mémorable à Constantine, ville perchée comme une île au milieu des plateaux arides, entourée de gorges, dont les seuls impressionnants accès se faisaient par des ponts métalliques jetés par Eiffel et ses émules quelques années auparavant. Le déjeuner fut grandiose chez la sœur de Najibah : je me délectais des joues détachées d’un doigt à même la tête tenue à pleines mains d’un mouton qui me laissait faire d’un regard éteint, tandis que la jeune mère me fixait, incrédule, d’un air réprobateur qui déclencha une certaine hilarité… Tahar s’en souvient encore.
Corentin a grandi avec la nostalgie de l’Algérie, il a toujours adoré les barbecues depuis celui de la forêt d’Annaba, et depuis il ne rêve que de voyages au delà des mers.
Mon cher Tahar, si tu savais ce que tu as réveillé en moi quand, de passage à Marseille au printemps dernier, tu m’as proposé de venir à Alger en décembre pour le Congrès Maghrébin de Neurologie… Le désir de te revoir dans ton pays, mais aussi l’ardeur de confronter enfin les souvenirs de mon histoire de français, pas celle des livres que j’ai oubliée, mais celle du poste de radio de la salle à manger de la rue de Montfort, des photos noir et blanc de Paris Match, des retours de mon oncle Jacques, et des récits de ceux qui y avaient passé leur vie, leurs vies (celles de leurs parents), et qui avaient dû quitter, se séparer définitivement de leur jeunesse un beau jour des années 60, de confronter cet imaginaire (qui pour moi n’avait aucune attache, sinon des paroles chargées d’émotions) à une réalité physique. Mais oui, Alger la ville existe-t-elle toujours derrière Alger la prise, Alger la bataille, Alger-qui-dit-ceci-ou-cela ? Peut-on (re)voir Alger la Blanche sans se sentir affublé de la culpabilité collective qui nous entache tous sans y avoir mis les pieds ? Je réalise que les enfants d’après-guerre, de métropole comme on disait, ont été aussi marqués par l’Algérie. J’avais quatorze ans en 62, mais les quatre années précédentes avaient vu émerger ma première analyse consciente de la politique. Plus exactement, je comprends pourquoi ma génération est celle de la défiance envers le politique. Le discours de De Gaulle, remarquable dans sa forme (nous étions encore latinistes en ce temps-là et sensibles aux périodes), était totalement incohérent dans son fil. Je me souviens, nous nous amusions entre potaches à surprendre comment il allait se contredire à la prochaine « déclaration » ou mieux au grand spectacle de la conférence de presse. Du grand art. Mais seulement de l’art. Ce n’est pas un hasard si nous le lui avons fait payer en 68. Il croyait rouler dans la farine les notables de la IVème République, mais il avait surtout pris les enfants de 48 pour des ânes. C’est curieux comme cela réveille en moi tant d’agressivité, mais comme il est humiliant d’avoir été trompé par son grand-père entre dix et quatorze ans. C’était une affaire d’honnêteté intellectuelle (ce mot avait du sens). Impardonnable.
D’où la culpabilité partagée, collective, même si nous n’avions jamais mis les pieds en Algérie. Un Oedipe à deux étages. Le père est silencieux (il a perdu la guerre), il faut tuer le grand-père. Et la mère ? Alba Mater...
Alger la Blanche... Etait-ce l’expression des « français d’Algérie » ? Elle était restée mystérieuse au fond, alors que Rabat, Fès, Meknès, Marrakech, Annaba sont des villes arabes, même si elles ont vu et voient encore des hordes de touristes en troupeaux ou des nouveaux conquérants qui les restaurent ou les dénaturent...
Marseille-Alger, plus rapide et moins encombrée que Marseille-Paris, la traversée de « notre Mer ». A l’arrivée, personne. Suis-je arrivé trop tôt ? Il faut faire 200 mètres hors de l’aéroport pour aborder la foule de ceux qui attendent, parqués derrière des barrières de sécurité. Mon nom en grosses lettres, avec Sanofi à côté, je suis rassuré, mes anges gardiens sont là. Même scénario qu’à Londres, Milan ou Tokyo, mais la voiture est plus modeste, et le chauffeur pas très bavard, la route est un peu défoncée, pas trop, il y a un bout d’autoroute, beaucoup de cités en construction, puis des quartiers pauvres, les mêmes policiers en bleu pétrole qu’il y a vingt ans, beaucoup de monde des petites boutiques, des gens qui attendent un bus qui ne viendra pas, mais d’emblée une première impression, qui vérifie ce que m’avait dit Jean P., c’est plus propre que Marseille ! Il fait plus chaud, j’avais gardé mon pull en cachtruc, et il n’y a pas de clim... Puis des grands échangeurs, on arrive en ville, rien qui évoque les photos de mon enfance, et tout-à-coup surgissent de grands bâtiments blanc ou crème, au milieu de chantiers, puis le grand parc, le jardin botanique, je reconnais, et derrière le Sofitel, ouf ! Barrage, un porche maure, arrêt, fouille, le flic bleu ouvre tout, le moteur et le coffre, c’est la condition pour pénétrer dans la cour intérieure, on se méfie des voitures qui approchent des Sofitels... Après, c’est comme partout, l’accueil sourire, check-in classique mais en français, çà fait bizarre, je me suis adressé en anglais, pourquoi ? La mondialisation, bof ! On se sent chez soi, enfin dans ce grand nulle part, même s’il est déguisé en patio pseudo-arabe, c’est comme à Ryad ou à Los Angeles. Ils ont fait vite, on croyait qu’ils avaient du retard, ben non c’est Algiers. Belle chambre, je suis bien reçu, Roger & Gallet, peignoir, chaussons blancs carton-tissu, un shampoing, un bath gel, un body lotion, déjà deux que je ramène à Catherine, la télé j’allume, je zappe, tiens TF1, F2, F3, M6, etc... çà doit être juste pour moi, c’est délicat. Fermée, la fenêtre, 8ème étage, vue sur le jardin d’Essai, le plus beau des jardins botaniques de ce continent, je l’ai lu dans le guide avant de partir chez Arcadia, je ne l’ai pas acheté car c’était trop cher pour toute l’Algérie alors que je ne « faisais » qu’Alger. Au large du jardin d’eucalyptus, de palmiers et de palétuviers, la mer, la mienne, une grande plage vide que borde une autoroute surchargée, pas de klaxons, l’isolation est parfaite. Il est deux heures, j’ai mangé trois fois, je vais faire la sieste, luxe des luxes, la sieste un mercredi, s’ils me voyaient... Zut, une petite pensée perverse, mon topo, c’est demain à midi, il n’est pas vraiment prêt, il est trop long comme d’habitude, je vais le raccourcir dans la dernière ligne droite comme d’habitude, me mettre un peu en danger, profiter du grand lit moelleux, vlouf ! Drrriingg... ! Tahar ! Tu as fait bon voyage ? Excellent. Nous t’attendons en bas pour déjeuner...formidable, j’arrive ! Je m’autorise deux ou trois roulades prudentes sur le grand lit plein d’oreillers, juste pour goûter, et je me relève droit comme un i, Chauvel, tu es en mission, carte magnétique, poche de droite, ascenseur vitré, musique pseudo-égyptienne de Khartoum, ding. Tahar, il ne change pas, c’est quelquefois un avantage de garder ses cheveux, et bruns en plus, avec trois poils blancs, oui mais dans dix ans ? Après la présentation au comité organisateur des trois nations, comme il n’y a plus de place, nous trouvons une petite table sympa pour deux, et nous papotons comme hier, je retrouve mon frère, nous nous racontons des histoires de famille, les (leurs) années noires nous ont tenu à l’écart, mais il n’y a rien à en dire, c’est comme avant, les enfants ont grandi, il y en a même qui n’existaient pas, et pas des moindres... Du temps à rattraper, dis, combien de temps dois-je parler demain ? Tu n’y penses pas, qui oserait t’arrêter ? Si, il le faut, c’est plus prudent. Il fait partie du grand comité, il doit visiter les choses matérielles, bon je ne t’accompagne pas, je vais préparer mon topo, vlouf ! Pas de vlouf, quand je prépare un topo, je me prends au sérieux, même quand je me suis juré que cette fois, je ne vais passer du temps à, etc...je retrouve trop de trésors cachés au fond de mon petit Dell pour me dérouter, me surprendre, voir les choses sous un autre angle, me stresser juste un peu. J’y ai passé trois heures, j’ai failli être en retard au dîner, j’ai tout refait de fond en comble, toujours à cause d’elle, j’ai retrouvé ses ba-pa, ses zouip, ses narines qui portent des bébés, enfin de quoi démontrer que la chirurgie de l’épilepsie a un rapport avec le cerveau, ce qui bizarrement est totalement faux.
Long trajet en autobus, çà commence toujours comme çà. Dîner à l’hôtel aurait été trop simple, il faut se rendre de l’autre côté d’Alger, dans un restaurant situé dans un ancien vignoble colonial (colonial ?). Oh, Alger la nuit en autobus, des arcades blanches, des immeubles hausmanniens blancs, tiens, cela me rappelle l’Italie ? Une forêt, un petit restau avec une grande tonnelle, il fait un peu moins chaud, nous entrons dans une salle de campagne avec des cadres kitsch au mur. Apéros, on m’offre un vin primeur « Algérie », oui, mais du Médéa, c’est la région où Tonton Jacques était médiateur, je bois ce verre en pensant à lui. Il a vraiment aimé l’Algérie, lui qui n’avait rien à y posséder, et qui n’a jamais aimé faire la guerre, juste l’inverse, rencontrer les gens, faire les choses simples de la vie avec eux.
C’est justement dans cet état d’esprit qu’ils me sont apparus les Algériens d’aujourd’hui. Faisons des projets ensemble, dans le domaine de nos compétences professionnelles. Le calme, fragile, permet d’avancer, la langue commune facilite les échanges, et véhicule la culture commune.
Alger est passionnante à découvrir. En dehors des grands hôtels internationaux, j’y ai été frappé de deux impressions assez tranchées. La première, c’est la ville de nos mémoires, autour du port. Magnifique, blanche en effet, des copies de Paris et de Marseille au XIXème siècle, mais blanches avec des volets bleus, de grandes places rectangulaires, et une végétation de notre bassin méditerranéen y perçant de square en avenue. La Faculté de Médecine, un paradis. On en peut s’empêcher de penser à l’effervescence de sa vie intellectuelle et populaire au temps où Albert Camus et Jules Roy y déambulaient. J’avais apporté un peu de Camus avec moi, comme un viatique, et je crois le comprendre un peu mieux à présent. La seconde, c’est le mode de vie au bord de l’eau, les madragues et les restaurants de poisson où l’on vient se retrouver le dimanche midi en famille, comme à Marseille. Le petit port d’El Djamila, où j’ai dégusté de fameux rougets ce vendredi midi, c’était les Goudes, exactement. Jamais je ne me suis senti autant méditerranéen... Entre le Centre majestueux et ces madragues, le quartier de Bab-El-Oued, là c’est Endoume ou Vauban, mais le grand avantage c’est que le stade de foot est juste au bord de la mer. Enfin, la Bonne Mère, c’est Notre Dame d’Afrique, qui surplombe la ville de l’Ouest. La messe était en arabe, et l’on pouvait lire de grandes lettres frappées sur une luxuriante mosaïque cernant la coupole de la nef centrale « Notre Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les Musulmans ! ».
Alger m’a touché, elle arbore un passé qu’elle n’a pas défiguré, sa jeunesse porte fièrement et librement un avenir qui devrait nous inspirer, nous qui sommes empêtrés dans nos radotages, engoncés dans nos forteresses et paralysés par nos peurs de nantis moyens.
Certainement j’y reviendrai bientôt.

05 décembre 2005

Maison avec vue


C'est un pays qui ressemble à la Dordogne, mais en Provence. Sainte-Croix-à-Lauze, c'est un village coincé dans le fond d'un petit vallon, un vrai village avec des gens qui ne vivent pas du tourisme. La preuve que c'est un vrai village réside dans le fait, déjà observé en Dordogne, que le Maire s'y est fait construire une maison neuve et laide, voyante de surcroît, et que ses concurrents les plus sérieux rivalisent aussi avec lui dans l'arrogance du parpaing prétentieux. A côté de cela, il y a un joli bourg fait de vieilles bâtisses en pierres, avec des murs épais, habitées par une anglaise, un américain, et quelques belges. Nous avions loué de telles maisons plusieurs fois, celle de Jacqueline, puis celle de Françoise, qui elles sont de Marseille. Nous avions passé là l'été de la canicule avec Florian. Ce fut un moment très heureux, d'être avec Florian d'abord, mais aussi de partir en balade après 18 heures. Chaque soir, nous allions visiter un village différent. Il y a peu de maisons isolées, dans ce pays sauvage qu'aimait Jean Giono. L'habitat est fait de villages perchés aux rues étroites, pour avoir frais l'été et moins froid l'hiver. Chacun de nous avait son préféré, ou plutôt ses préférés, il y en a plus de 200 dans cette région. Sainte-Croix est proche de Vachères, d'où on prend la route de Banon, de là on revient par Simiane-la-Rotonde, Oppedette et Viens. Les couleurs de ce pays de Haute-Provence sont aussi étonnantes en hiver qu'en été, la lavande en fleur rend les vallées plus bleues que le ciel en été et c'est l'inverse en hiver. Trois montagnes majestueuses encadrent ce morceau de paradis: la montagne de Lure et le mont Ventoux au Nord, la montagne du Luberon au Sud. Les trois sont plus larges que hautes, ce sont de vraies montagnes qui se tiennent bien: l'une est bleue avec un chapeau beige, l'autre a le crâne blanc et le ventre vert, la troisième est bleu sombre et noire.
Qui ne souhaiterait s'y poser ? Que nous cherchions ici la maison de nos rêves n'étonnera personne. Nous l'avons trouvée hier, et nous en sommes tellement stupéfaits que nous hésitons à faire le pas. Nous achoppons sur des détails. Catherine s'inquiète parce que c'est une vraie maison provençale, alimentée par une source. Dites, quand vous êtes là-bas, enfin seuls, vous souhaiteriez être relié à la Lyonnaise des Eaux ? Quelle drôle d'idée ! Quant à moi, je me demande si je vais me réhabituer au rythme des saisons (mon bougainvillée a perdu quelques feuilles cette semaine, mais pas encore ses fleurs), et surtout si je vais pouvoir désormais me passer des grèves ? Marcher est devenu une drogue.
Je viens de terminer un livre magnifique, "Loin de Chandigarh" de Tarun Tejpal. Une histoire de blog à l'ancienne dans l'Inde de la première moitié du XXème siècle... Un conteur d'histoires qui finit par comprendre ce qu'est l'amour, et ce que sont les histoires.
"Je soupçonnai pour la première fois que l'histoire était toujours plus importante que le conteur. Ce n'était pas le conteur qui insufflait de la vie dans le récit, mais le récit qui maintenait le narrateur en vie."

27 novembre 2005

Exception

Bon anniversaire, Jeanne !
Un an aujourd'hui, tu as très vite grandi, et profité de ta position de petite dernière. Les benjamins ont moins de problèmes que les aînés. C'est arithmétique: un plus grand nombre d'aînés se disputent leurs sourires, dont ils font d'ailleurs un usage parcimonieux. Pourquoi se perdre en amabilités, alors que l'objectif est de s'imposer ? Les aînés sont rêveurs et sensibles, les derniers pragmatiques et bien armés. Tout çà est de la faute des parents bien entendu.
Je te souhaite un joyeux anniversaire. Je fais une exception car c'est la première fois, l'année prochaine je t'appellerai pour ta fête, tu sais, des Sainte Jeanne j'en ai beaucoup fêté.
A toi, je t'explique pourquoi, mais ne l'ébruite pas. C'est arithmétique: figure-toi que nous avons 56 ans d'écart...