Samedi matin, Cours Pierre Puget, dans la chambre "japonaise", sur l'un de mes trois bureaux officiellement déclarés, je deviens moderne. Cela ne m'était jamais arrivé. C'est ce superbe ciel bleu profond et froid qui m'ouvre le "brain" et le dispose à "yacker". Ce sont les FLICs de Sydney qui m'y ont poussé: ils veulent sauver Chauvel ! Il faut les encourager.
Leur Chauvel, c'est le dernier bastion du cinéma indépendant en Australie. Ils vont gagner, il est question que ce petit cinéma vieillot mais cosy de Paddington survive, avec une ambition démesurée, l'indépendance des metteurs en scène australiens à venir... Fiers d'être Chauvels ! Ce slogan me vient à l'esprit, il en rappelle un autre, hurlé par le peuple du Stade Vélodrome, du temps où il avait l'occasion de se réjouir. Il est moins prétentieux que CTP, comme on disait MTP ("Marseille trop puissant"). Celui-là, je l'adore, on peut faire semblant de s'en servir au 3ème degré, mais c'est le premier qui est le meilleur !
J'avais souvent pensé tenir un journal, c'est une discipline de la pensée, ou plus exactement du cours de la pensée; c'est une expérience sur la mémoire, je pense jusqu'ici qu'il n'y a que de faux souvenirs, alors autant tester cette hypothèse plutôt que de la lancer de temps à autre pour asseoir mon discours sur le déjà-vu. J'avais aussi pensé reprendre le piano, ou me mettre à nager, mais je n'en ai rien fait, ne parvenant pas à décider quelle partie de mon être il fallait cultiver le plus longtemps. On a un bateau dont on ne se sert jamais, dit Catherine, qui a les pieds sur terre et a bien observé ce qui se passait vraiment dans la réalité. D'accord, je peux facilement épouser les sensations de Nominoë, surtout quand il surfe au portant, mais il demeure un peu trop petit pour qu'on y mette le piano... Alors, j'essaie, par petites touches, de suggérer doucement qu'avec quatre pieds de plus, je serais un homme accompli. Attendons.
Plus on vieillit, moins on a de sentiments de déjà vu, c'est bizarre, non ?
Cette dernière semaine de novembre est celle des fêtes, Clément, Catherine, Delphine, quel effort ! S'en souvenir est plus facile que les anniversaires, que je n'aime plus souhaiter, c'est un exercice pervers. Cette année, elle a été particulière: il y a eu de fausses grèves, Briac m'a reproché mes mauvaises fréquentations, et j'ai donné un interview à une journaliste qui s'appelait comme plusieurs joueurs de foot et qui va me compromettre dans un magazine féminin !
Je deviens moderne...
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